Honors | Le Roman au 20E Siecle II (FRIT)
F454 | 27872 | Margaret Gray


TuTh 9:30-10:45am
KH 203

Meets with another section of FRIT-F 454

Ce cours se propose d’étudier le roman de la deuxième partie du
20ème siècle à travers les interrogations menées par diverses
romancières--à l’intérieur comme à l’extérieur de l’Hexagone—de
leurs propres cultures.  En commençant par Les belles images  (1966)
de Simone de Beauvoir, nous scruterons une critique de la société
technocrate et consommatrice d’après-guerre, et surtout son impact
sur une nouvelle classe de femmes professionnelles.  Nous passerons
ensuite à la dystopie bien plus explicite de Marie Darrieussecq,
Truismes (1996) : satire virulente du pouvoir chauvin, masculin,
raciste, culturel et politique en France, racontée par une femme qui
subit en même temps une transformation physique : allégorie peut-
être de la condition des femmes dans une telle culture? Traversant
l’Atlantique, au Canada de la romancière et poète québécoise Anne
Hébert, nous verrons que c’est l’héritage français colonial, avec
son catholicisme étouffant, qui déclenche la révolte de l’héroïne
dans le roman Kamouraska (1971) : texte qui recèle dans son titre la
transgression mortelle commise dans le village québécois de
Kamouraska : l’ »amour. »  Nous nous trouverons ensuite en Belgique
avec Jacqueline Harpman, dont le roman Orlanda (1996) reprend le
topos de la dystopie de façon assez subtile—à travers l’histoire
d’une héroïne professionnelle qui jouit d’une carrière réussie, tout
en étant consciente d’un certain manque, un certain vide : roman qui
résume et réunit ces questions d’identité, d’altérité et de
transformation à travers une relation qui se noue entre deux parties
d’une même personne, la timide Aline et l’outrageux Orlanda.  Nous
terminerons le semestre avec Comment Cuisiner son Mari à l’Africaine
(2000) de Calixthe Beyala, récit situé dans le Paris contemporain et
hybride de l’immigration, et qui évoque la lutte entre un passé
traditionaliste et un présent rempli de fausses solutions. A travers
ces lectures différentes, nous serons attentifs aux capacités de la
fiction de représenter et de critiquer les cultures de nos écrivain
(e)s; aux façons dont le pouvoir (politique, sexuel, culturel,
racial) et ses diverses formes sont étudiés dans ces textes; aux
stratégies de résistance, voire d’opposition, personnelle et
collective qui y sont explorées; et aux aspects formels de ces
textes littéraires.