Editions Gentleman-Cambrioleur
Collection de textes français

Collection gérée par Jeffrey Graf à Indiana University, Bloomington


Source:
A consulter:
Marseillaise, Marseillaises; anthologie des différentes adaptations depuis 1792. Paris: Le Chereche Midi, 1992.


LA MARSEILLAISE

Allons enfants de la patrie,
Le jour de gloire est arrivé.
Contre nous de la tyrannie,
L'étendart sanglant est levé. (bis)
Entendez-vous dans les campagnes
Mugir ces feroces soldats,
Ils viennent jusque dans nos bras
Egorger nos fils, nos compagnes.


Refrain

Aux armes, citoyens! Formez vos bataillons!
Marchons, marchons, qu'un sang impur abreuve nos sillons.


Que veut cette horde d'esclaves,
de traîtres, de rois conjurés?
Pour qui ces ignobles entraves,
Ces fers dès longtemps préparés ? (bis)
Francais, pour nous, ah! Quel outrage,
Quels transports il doit exciter?
C'est nous, qu'on ose méditer
De rendre à l'antique esclavage!


Quoi, des cohortes étrangères
Feraient la loi dans nos foyers?
Quoi, des phalanges mercenaires
Terrasseraient nos fiers guerriers?(bis)
Grand Dieu !... Par des mains enchaînées
Nos fronts sous le joug ploiraient,
De vils despotes deviendraient
Les maitres de nos destinées?


Tremblez tyrans ! Et vous, perfides
L'opprobre de tous les partis,
Tremblez !... Vos projets parricides
Vont enfin recevoir leur prix ! (bis)
Tout est soldat pour vous combattre.
S'ils tombent, nos jeunes héros,
La terre en produit de nouveaux
Contre vous tout prêts à se battre.


Francais! en guerriers magnanimes,
Portez ou retenez vos coups,
Epargnez ces tristes victimes
A regret s'armant contre nous. (bis)
Mais ces despotes sanguinaires,
Mais ces complices de Bouillé,
Tous ces tigres qui, sans pitié
Dechirent le sein de leur mère.


Amour sacré de la patrie
Conduis, soutiens nos bras vengeurs.
Liberté, Liberté chérie,
Combats avec tes défenseurs. (bis)
Sous nos drapeaux, que la victoire
Accoure â tes mâles accents
Que tes ennemis expirants
Voient ton triomphe et notre gloire!


Foulant aux pieds les droits de l'homme,
Les soldatesques légions
Des premiers habitants de Rome
Asservirent les nations. (bis)
Un projet plus grand et plus sage
Nous engage dans les combats
Et le Français n'arme son bras
Que pour détuire l'esclavage.

Oui ! déjà, d'insolents despotes
Et la bande des émigrés
Faisant la guerre aux sans-culottes
Par nos armes sont altérés. (bis)
Vainement leur espoir se fonde
Sur le fanatisme irrité,
Le signe de la liberté
Fera bientôt le tour du monde.

O vous! que la gloire environne,
Citoyens, illustres guerriers,
Craignez, dans le champ de Bellone,
Craignez de flétrir vos lauriers! (bis)
Aux noirs soupçons inaccessibles
Envers vos chefs, vos généraux,
Ne quittez jamais vos drapeaux,
Et vous resterez invincibles.

Peuple français, connais ta gloire,
Couronné par l'égalité,
Quel triomphe, quelle victoire,
D'avoir conquis la liberté! (bis)
Le dieu qui lance le tonnerre
Et qui commande aux éléments,
Pour exterminer les tyrans,
Se sert de ton bras sur la terre.

Nous avons de la tyrannie
Repoussé les derniers efforts,
De nos climats, elle est bannie,
Chez les Français les rois sont morts. (bis)
Vivre à jamais la république!
Anathème à la royauté!
Que ce refrain partout posé,
Brave des rois la politique.

La France que l'Europe admire
A reconquis la liberté
Et chaque citoyen respire
Sous les lois de l'égalité (bis)
Un jour son image chérie
S'étendra sur tout l'univers.
Peuple, vous briserez vos fers
Et vous aurez une Patrie!

Couplets des enfants

Nous entrerons dans la carrière
Quand nos aînés n'y seront plus;
Nous y trouverons leur poussière
Et la trace de leurs vertus. (bis)
Bien moins jaloux de leur survivre
Que de partager leur cercueil,
Nous aurons le sublime orgueil
De les venger ou de les suivre

Enfants, que l'honneur, la Patrie
Fasse l'objet de tous nos voeux !
Ayons toujours l'âme nourrie
Des feux qu'ils inspirent tous deux. (bis)
Soyons unis ! Tout est possible;
Nos vils ennemis tomberont,
Alors les Français cesseront
De changer ce refrain terrible: